Avant de continuer, il fallait dire ceci.
Réduire ce qui alourdit. Garder ce qui tient. Aller vers ce qui est clair.
Je ne sais pas si j’ai choisi la simplicité, ou si c’est elle qui m’a plaqué au sol le jour où j’en ai eu marre de faire semblant. Tu sais, ce moment où tu réalises que tout ce que tu portes — les dossiers, les « urgences », les détails insignifiants — ne te rend pas plus solide. Juste plus lourd.
Sur mes chantiers, j’ai souvent vu des équipes ajouter des renforts partout, par peur que la structure ne tienne pas. Au bout d’un moment, on ne pouvait même plus bouger pour faire le vrai travail. On s’encombrait de nos propres précautions. C’est un peu ce que j’ai fait avec ma vie pendant des années : j’ai ajouté des couches de justifications et de complexité, pensant que ça me donnerait plus de poids.
En réalité, ça me rendait surtout essoufflé. Pas plus juste, pas plus efficace. Juste fatigué de mes propres détours.
Aujourd’hui, j’essaie de faire l’inverse. J’épure. Je garde ce qui tient la route, même si ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas une grande théorie philosophique, c’est une question de survie : apprendre à marcher sans se perdre dans ses propres échafaudages.
C’est pour ça que j’ai voulu ouvrir cet espace. Pas pour te faire la leçon ou te vendre une méthode miracle en dix étapes. Simplement pour déposer des mots à hauteur d’homme. Des textes qui ont assez de vérité en eux pour servir de repères quand le brouillard se lève.
Je reviens vers la simplicité parce que l’âge que j’ai m’apprend qu’elle me rend plus honnête. Et à ce stade, c’est déjà beaucoup.
Et toi, qu’est-ce que tu portes aujourd’hui qui t’empêche d’avancer léger ?



